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Propos d'aliéné

Propos d’aliénés
 
 

Me voilà obligé d’écrire pour ne pas sombrer dans la vésanie contractée. L’écriture s’est cruellement blessée et je ne peux stopper son hémorragie. Sans arrêt, c’est vital, il me faut une feuille pour absorber les signes : toute graphie tache !

La Nouvelle et la Poésie sont souffrance, atemporalité palinodique, purgatif de l’insoutenable angoisse. Pour fuir, tu écris ou tu péris. Ce sont les arcanes d’expression qui servira, du moins les miens, de palimpsestes à d’excellents érudits que je me chargerai, impitoyable sicaire, d’exécuter dans une autre vie. J’émergerai alors d’un pavillon non sans avoir goûté antérieurement à un autre.Où m’arrêterai-je ? Si de métempsycoses en palingénésies je dois errer sans fin ?

Ai pitié de moi Folie ! Du plomb se coule dans ma cervelle et s’agglutine en un amas d’Ecrits.

O monde des réalités inquiétantes, parallèle de l’irrationnel dont la fluidité se recroqueville, autarcique de délires, circulaire en inverse, pour extraire les vérités cachées par l’existence commune. Nouvelles et Poésies, nouveautés prédisposées à l’exagération intellectuelle ; célébrant l’hermétisme où se terre la pure rareté des joyaux ignorés par la raison ; inaccessible à celui dont les yeux ouverts ne voient que le mur et non le jardin dans lequel, s’il y a une porte, elle n’existe que pour celui qui de temps à autre vient y cueillir des fleurs. Pour nous autres déficients aux normes, point de porte…

            Recherche traducteur désespérément ! Pour m’affranchir des signes si particuliers de l ‘Etre ; et si infinitésimaux que le regard ennuyé ne peut y accéder. Alors à quoi sert d’écrire ? Et surtout l’intranscriptible ! Mais à force de douleurs, d’épreuves et de cheminements hasardeux, les phrases s’arrachent du tréfonds de l’angoisse, pour sortir parfois du jardin de la tête, sous formes scripturaires inconsistances inexpressives. L’inexprimable insuppressible se contient dans d’autres lointains de mon unique. Ailleurs ou proche, tout est question d’appréciation. Pourtant tout circule dans un cerveau, à qui parfois il ne manque que la parole. Que se passe-t-il dans l’intérieur de mon Moi qui épouse souvent les extérieurs indiscernables d’autrui ?


                  "Il n'y a qu'une seule erreur innée: c'est celle qui consiste à croire que nous existons pour être heureux."

                                       Schopenhauer," Suppléments" au Monde, chap. XLIX.

" Je lisse cet onguent d'un céladon poisseux

Pour rendre hermétique l'alignement sémique..."

   "Siglaison."

pour me joindre: Cafre_68@hotmail.com ,adresse msn.

http://www.evenemonde.info

     http://www.oupolair.com      

     

           CERAMIQUE

 

     Des doigts habiles pétrissent

     L’argile s’étire se tend se barbotine

     L’objet fécond prend sa mesure

     Une forme gracieuse jaillit

     Séchage engobage cuisson

     L’art divin l’objet est crée.                                       JC Cafre .

Lundi 25 décembre 2006

Noël

 

Noël est un surplus

De tombes amoncelées

Dans une neige circonstanciée

Qui n’est pas prête de tomber

 

Noël est une note claire

Si tenue à l’oreille

Qu’elle ne peut gonfler

Les voiles de ce navire

Qui voudrait m’enchanter

 

Noël d’abîmes insondables

Tournoie à l’horizon

D’Épictète dramaturge

Noël tu n’est pas prêt

De t’enrôler mon âme.

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Lundi 25 décembre 2006

Patagonie

 

A m’y rendre je fuis

Toutes les gravitations

Les atonales Silves

Tournoient en feu follet

N’ayant que de lucarne

Ce petit point de lumière

Qui s’ouvre et se referme

Pareil au colibri

 

J’implore ton couteau

O été détrempé

Condamné à la route

Etre de cécité

Cataleptique malaise

M’apprend le soufre cruel

J’ai le cœur planté

De mille pieux acides

Vivant comme une plainte

Ma plume s’est glacée

 

Je traîne ma poésie

Comme on traînerait un âne

Alors que la fureur

Se déchaîne à mon âme

J’instille du savoir

A peine incontrôlable

Ab irato j’exulte

Trop tard falot

 

Crois-tu que la poussière

Qui se glisse à tes yeux

Ne fait que picoter

Elle démange et dérange

Finit par s’incruster

Et te voilà étrange

Contraint à accepter

 

La révolte s’éparpille

Orphéon ridicule

L’ornement béat

Tu bruis tes pieds pour rien

Pas même la chaise ne bouge

Assise sur le carrelage

 

Patagonie compagne

Crève cœur du héron

Sur des échasses perchés

Fini par se briser

Au ras du sol anché

Il se relève en vol

S’élevant à nouveau

Recommençant sa ronde.

 

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Dimanche 24 décembre 2006

Confiteor

 

Quelques petites heures

Qui s’ajoutent en chapelet

Secret plein du bonheur

Ce nectar à long trait

S’écoule dans l’espoir

D’abondantes gorgées

A d’entières journées

Pour voir se lever

Au soir naissant Phébé

Et la nuit effacée

L’idem renouvellement

 

Si le rêve dispense

Quelques doux épanchements

Il faut souvent convenir

Au réel du présent

Dilemmes se réveillant

En de soleils bistrés

Dont les yeux assaillis

Ne peuvent se protéger

 

Suffit-il en vaillant

Par des astres sublimes

D’échapper à la course

De la résolution

J’aime trouver les mots

Les retourner de souffle

Pour mieux te correspondre

Et d’un geste savoureux

En couronner tes yeux

 

N’ai-je pas de droit dis-tu

A des plaisantes patentes

A goûter du bon miel de Chanaan

Plutôt que l’ambroisie

De toi il ne dépend

Que le rosé secret

Gloire de son isolement

A la clarté de l’air

 

Dans le creux de ton âme

Suppurent des regrets

Des mages ballottés

Qui frémissent l’élancement

A se sertir peccant

Se déroule la carrière

Solipède tournant

Sans franchir la barrière

S’escamper en tourments

Demeurer en souffrances

Est croire de fâcheux

Ce qui devient funèbre

 

Se résoudre à l’écoute

De son propre credo

Est le rayon de grâce

Préservant du naufrage

Satisfaire son cœur

Sans écouter raison

N’induit pas une erreur

Mais une conviction

A voir droit son bonheur

Et ce sans condition

Comme confiteor.

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Samedi 23 décembre 2006

Et pourtant

 

Le jour de ton départ

Ton cœur et ton esprit

M’emporteront de rêve

Cela me suffira

 

Je suis de liberté

De grand vent comme toi

Et pourtant

 

Le jour de ton départ

A l’instant de ton choix

Tu prendras ton espoir

Au dame des détriments

Et moi je serai là

Dans ton âme apaisée

 

Je suis le forgeron

Ton assembleur d’images

Et pourtant

 

Le jour de ton départ

Tu gagneras de vivre

Sans toutes les lassitudes

N’emportant avec toi

Que de moi le souvenir

Du trèfle compagnon

 

J’aurai un grand sourire

Un regard joyeux

Et pourtant

 

Le jour de ton départ

Les arondes reprendront

Leur course vers le sud

Ton heur t’y conduira

Et moi dans ma tendresse

Ravi je chanterai

 

Je porterai tes bagages

Sans ployer à leur poids

Et pourtant

 

Va de l’avant de même

Que l’avant vient de toi

N’occupe plus tes pleurs

Des froids de tes émois

Quelque soit l’élection

Ils t’aimeront pour toi

 

Je tournerai talons

M’éclipserait de toi

Et pourtant

 

Et pourtant

Et pourtant

A quoi bon

Je serai de regret

Tu seras avec moi…

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Vendredi 22 décembre 2006

Moître

 

Ballotté de passion

En de tremblants secrets

Un baiser plus subtil

Devient vivant séjour

 

A la pure douleur

Succède l’abondance

L’étonnement des pleurs

Des tristes réalités

 

A Fachoda j’ai vu

Le Capitaine Marchand

Qui traînait à ses guêtres

Un conflit étonnant

 

Si de Soudan se perdait

Même un siècle plus avant

Des disputes falotes

Qu’en est-il de mes rêves

 

D’ici que la poussière

Ne se fasse de mon corps

Il me reste à souffler

D’étonnantes vérités

 

D’ici que la lumière

De mes paupières s’éteignent

Il me reste à t’offrir

De deux instants d’amour

 

Le temple de l’ouvrage

Qu’édifie ma passion

N’est pas à Jéricho

Abattu des trompettes

 

Il est d’une chaleur

Inconnue des mortels

Aux limites invisibles

Des espaces oniriques

 

Bien moins que les sept prêtres

Accompagnés de l’Arche

L’ophicléide terrestre

N’en aura de raison

 

Longtemps je t’ai longé

Muraille infranchissable

Que j’ai pourtant élevée

A péril demeure

 

Mausolée de moi-même

D’un hypogée céleste

Je féris du combat

L’ornement funéraire

 

Mais au cœur des poussées

Dictées par l’innocence

La passion se foudroie

A éclater des jours

 

A force dissiper

Les strates agglutinées

J’ai même sans oser

Passé l’autre côté

 

J’ai gravi les échelles

Et sauté alentours

Fornication active

Je n’y puis redescendre

 

Sur ma veste je portais

Ton pull de zibeline

Empreint de ton parfum

Je l’ai hissé vainqueur

 

Il règne sanctuaire

Ton atmosphère douceur

Elle nourrit les silences

De parhélies internes

 

Tout y est de couleur

Aux chatoyantes allées

Et de fontaines patientes

Ne jaillissent que des sons

 

Tout y prend ton ardeur

Tout épouse tes courbes

Pas une simple fleur

Dont l’opercule ne s’ouvre

 

J’ai arpenté sans fin

Cet éthéré présent

En avisants miroirs

Qui me reflétaient toi

 

Ni la faim ni la soif

Ne contraignaient mon corps

Seul l’esprit est en grâce

A y puiser sa mânes

 

D’un péristyle tien

S’élève une demeure

Dont l’état délabré

Me surprend tout à l’œil

 

J’approche à pas foulés

D’une fenêtre ouverte

S’échappent quelques gammes

D’un piano cristallin

 

Nul besoin de bouger

L’instrument m’apparaît

Des  touches inconsistantes

Assurément s’enfoncent

 

Je ne connais pas l’air

Mais il m’est familier

Le rythme en est de verre

Je me jette à ses pieds

 

Il s’insinue en moi

Un souffle de pureté

Une rivière de perles

S’instille entre mes doigts

 

Si je ne suis pas seul

Qui suis-je autre que moi

Si ce n’est que la peur

D’être l’autre de soi

 

Je les confonds ce soi

De ce toi qui est moi

Et d’alter en alter

Je te mène d’ego

 

Et si ce toi était l’autre

Qui de moi se transforme

Pour n’apparaître en soi

Qu’à travers des émois

 

Qui détruisit son autre

Jeckyl ou Mr Hyde

Est-il terrassé

L’envahissant Horla

 

Horla qui va là

Hors de moi hors de toi

Loin de moi loin de soi

 

Et si j’étais bien l’autre

Celui qui se veut moi

Qui s’unifie à toi

Pour être plus que soi

 

Je n’ai de moi que toi

Anémié de la foi

A croire que je n’agis

Que pour mon propre choix

 

Aséite sermonnaire

Il a repris sa place

Dont les airs éduqués

Infâmes l’ont spolié

 

Je me prends à vibrer

Des timbres du clavier

Je ne peux plus bouger

La tête me résonne

 

De longs doigts me caressent

Evanescents et froids

Et moi l’autre de moi

J’alterne en blanches et noires

 

La mélodie gracieuse

S’échappe de mon ventre

Le ventre de mon autre

Qui s’est restitué

 

Je clabaude de rage

Mais je ne peux hurler

Qu’ai-je donc voulu

L’autre réveiller

 

La porte s’est ouverte

Il en a profité

Au salon s’est vautré

Et a tout déplacé

 

Moi j’étais avec toi

Quand nous n’étions plus qu’un

Nous ne fûmes pas même trois

Il m’a subtilisé

 

La musique a cessé

Je me surecompose

Sur une nouvelle portée

Qui n’est d’autre que moi

 

Si je pense par mes sens

Mon essence est incréée

A le nommer de moi

Je le surnomme moître

 

L’entier en la moitié

Et du moi en premier

Et l’autre s’il n’est de trop

Il n’est plus que de –tre

 

L’épée s’est abattue

Me séparant au monde

Son acier a brûlé

Les ossements de mon ombre.

 

 

 

 

 

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Jeudi 21 décembre 2006

Nour

 

Tes cheveux de zéphyr

Endiablent mon esprit

Et le vent de ton pays

Me conduit à tes chevilles

Cette voix de diapason

Résonne dans d’abysses couloirs

Où ta vie est mon envie

D’être encore plus près de toi

 

J’ai le cœur martelé

Des coussins d’or de tes choix

Où l’escale  de mon navire

En tient à tes propos

Nul n’est besoin de vide

Pour rencontrer ton sourire

 

Ni d’Hélios ni Séléné

Ta lumière est celle que tu portes

A mes deux bras ouverts

Dans un sourire de jade

Nour est le prénom

De mes contrées sauvage.

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Mercredi 20 décembre 2006

Une Tristesse

 

La tristesse me console

De n’être qu’un homme

De l’incompréhension

J’en règle l’addition

 

Je suis né dans ce monde

J’ai failli le quitter

Par deux fois dans la nuit

Je me suis enfoncé

 

Le mal qui me ronge

Est celui de la vie

Que je voudrais connaître

Mais qui m’est différente

 

A tout prix dans ce monde

On veut me faire entrer

J’y accède un moment

Mais il m’enserre trop

Pourquoi n’accepte-t-on

Que je puisse m’éloigner

Du trottoir fourmillant

Où se presse la foule

 

Je voudrais tant aimer

Mais on ne me croit pas

Je voudrais tant aimer

Ce qu’on aime en moi

 

Tous me le refusent

Car je suis effrayant

Je ne suis pas d’inconstance

Tout juste un peu perdu

 

Je tends mes mains ouvertes

Et on me dit regarde

Mais je ne vois qu’une masse

Dans laquelle je ne suis pas

 

Némésis jalouse

N’a cesse de brimer

L’écriture sacrée

Qui est ma liberté

Je subis ces affronts

Ces moqueries et ces fouilles

Pour vivre parmi nous

 

Je voudrais partager

Des moments de tendresse

D’affection et d’amour

Mais on me les refuse

Parce que j’ai décrié

De la ligne morale

D’un monde organisé

 

Pour moi le vent ne souffle

Que dans le sens contraire

Et ce n’est pas vau vent

Qu’il gonfle mes voiles

 

Il me fait reculer

Aux abîmes du silence

Mes écrits terrifient

Car ils sont le reflet

D’inconsciences refoulées

Que je reflète en moi

 

Je suis une vérité

Et celle que l’on ignore

J’ai le regard vrai

De tout être étonné.

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Lundi 18 décembre 2006

Héros

 

Le passable équilibre

A tonné la raison

D’Ativismes sauvages

Belphégors obssessions

 

Le Sphincter aiguillonne

Un coutelas marin

En lignifiant sa voix

D’un protophyte organe

 

Il va chanter le bougre

Un vent d’aérostat

L’aréopage fou

Des sulfhydriques airs

Se perce dans les méandres

De l’iléon conduit

Les lettres en de pareil

Se pressent afféteries

Au bout de l’épilée

Plume de l’encre mouillée

Par blasphématoire

Erreur d’écouter

 

Que dire à ces héros

Qui surgissent sans nom

Qu’au fond de leur caverne

Ils peuvent s’en atourner

Pour ne pas se chasser

Hiérodules contrits

Je les fis se jouer

De mon monde interné.

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Lundi 18 décembre 2006

Nadèje ou variation en sib mineur.

 

-        A Ilion c’était tous des fainéants ! Que gueulait Vierleux encore imbibé d’alcool… Et c’est pas Pâris qui les aurait fait bosser qu’il rajoute…

C’est pas que Vierleux raconte n’importe quoi mais là il dépasse les limites de l’entendement et pourtant si vous saviez… Je l’ai connu bien plus prosélyte et clair que ce soir…

 

1.

 

 

-      P’tain de clébard pas foutu de pisser dans le caniveau…

Je marchais tranquillement sur le trottoir pour rentrer chez moi quand ces paroles parvinrent à mes oreilles. Je redressais la tête et vit devant moi une espèce d’individu d’un âge certain, dégingandé avec un vieux chien, miteux en train d’uriner contre un réverbère.

-        Eh vous ! Que me héla le type ! Vous n’auriez pas l’heure des fois ?

-        Oui bien sûr ! que j’aquiescais en regardant ma montre, il est vingt deux heures.

-        A peine ? Que siffla le type en me tendant une main crasseuse et il repris : Jean Vierleux le Monde… et il se mit à s’esclaffer.

J’étais un peu gêné mais Dieu merci il n’y avait personne dans la rue.

-        Enchanté ! Qu’il me dit en s’arrentant de rire.

-        Enchanté Que je réponds ! En prenant tout de même sa main ; Cafre écrivant sans but, et là c’est moi qui me mit à rire ; je ne sais pas pourquoi il y a quelque chose de risible la dedans.

Quand j’eus finis mes ricanements stupides, Vierleux me présenta son chien :

-       Et voilà Marot, mon chien incontinent et plein de puces.

Le cabot ne s’intéressait qu’à ma jambe que je m’empressai de reculer, sale bête…

-        Arrête tes conneries ! Cria Vierleux au chien, t’es pas sortable !

-        Bon ! Qu’il reprend Vierleux. On va pas stagner ici mon cher Cafre. Venez ou plutôt viens je t’invite à boire un godet au « Singe en hiver », un pub sympa.

J’ai un peu de temps alors je consens ; et puis c’est toujours marrant de faire des connaissances. Nous fîmes quelques enjambées et nous arrivons devant une porte battante d’un pub ou la bière coule à flot… Vierleux, mon nouvel ami, d’un coup d’épaule, fait s’ouvrir les battants et on entre… Il fait chaud et la sudation empeste l’atmosphère. C’est un relent qui au premier abord me refoule du nez mais je ne pipe pas mot et je suis Vierleux jusqu’au comptoir ou il s’installe. Non sans avoir salué quelques quidams qu’il me présente vite fait…

-        Deux parfaits ! Qu’il hèle Vierleux à la serveuse qui m’a l’air un peu débordée.

-        C’est quoi ? Que je lui glisse à l’oreille un parfait ?

-        Ben mon gars faut sortir ! Qu’il répond avec un léger sourire… C’est un bock, un litre de bière.

-        Mais ! Je dis suffoquant. Jamais je n’arriverais à boire tout ça !

- T’inquiète pas qu’il réplique, le verre restera pas vide qu’il me dit avec un clin d’œil.

Ce type, Vierleux, ça m’a l’air d’une sacrée éponge.

-        Et sans être trop indiscret ? Que je rajoute alors qu’il avale une rasade de bière, qu’est ce que vous faites dans la vie ?

-        Moi ? S’étouffe presque Vierleux… Ancien prof à la retraite, anticipée, de l’éducation nationale, et aujourd’hui buveur invétéré qu’il énonce sans se démonter.

-        Prof à la retraite ? Que je demande interloqué ? Mais vous faites pas vieux alors !

-        Quarante huit ans bien tapants, qu’il jure presque, et fier de les avoir.

Ma curiosité est à son comble…

-        Et pourquoi vous êtes à la retraite ? A votre âge ? Que je réitère, en restant prudent pour ne pas trop le vexer…

-        Ben… Disons que c’est là dedans, qu’il dit en se tapotant le crâne, que ça ne va pas trop bien… Ma curiosité est de plus en plus subulée, mais je ne veux pas froisser ma nouvelle connaissance qui c’est mis à discuter avec son voisin de droite… Lentement j’ingurgite la bière qui ma foi est bonne…Je m’abandonne quelque peu à la rêverie quand Vierleux en me poussant du coude me demande :

-        Et toi ? Ecrivant pourquoi pas écrivain ?

-        C’est long à expliquer, disons que je ne me considère pas comme un écrivain, un homme de Lettres : « j’ai la pensée triste… ».

Il me pousse à nouveau du coude en me montrant sa chope…

-        Faits comme moi, oublie ! Qu’il se met à piaffer.

-        C’est pas vraiment mon truc l’alcool que je dis… Moi c’est plutôt ça que je dis en lui montrant une plaquette de médocs.

-        Bah c’est naturel ça ! Tu vas te périr avec tes machins qu’il rétorque.

-        Puisqu’on est lancés, je me décide à lui demander ? Pourquoi vous êtes à la retraite ?

Vierleux semble réfléchir un peu circonspect, puis en posant sa chope il me regarde dans les yeux et me dit :

-        Tu sais, je n’étais pas toujours comme ça ! J’avais tout pour réussir et puis…

 

II.

 

-        M’sieur Vierleux ? Se leva un doit ; c’est quoi un synonyme ?

-        Un synonyme ? Bonne question que je lançais à l’adresse de la classe… Oui benjamin ? Vas-y répond.

-        Ben … C’est deux mots qui ont un sens presque pareil.

-        -C’est cela même que je rajoutais…

La sonnerie se mit à retentir et terminer mon heure de cours. J’étais satisfait, c’était ma dernière heure de la journée. J’allais pouvoir enfin un peu souffler et surtout voir Nadèje la collègue avec qui j’entretenais une relation amoureuse extra conjugale pour sa part… Je me précipite donc vers sa classe où elle est en train de ranger ses affaires… Quand elle me voit elle sourit; regarde à gauche  puis à droite ; personne, elle me saute au cou et m’embrasse furieusement… Quelle furie…

-        Tu m’a manqué Jean…Me dit elle.

-        Moi aussi…Je lui réponds.

Mais je suis un peu inquiet parce qu’elle ne va pas rester longtemps avec moi.

-        Tu peux pas rester un peu plus longtemps ce soir ? Que je l’interroge.

-        Tu sais bien que non chou… J’ai les enfants...

-        Mais ! je l’interromps, ils sont grands

-        Oui mais il y a aussi mon mari…

-        Ca va je dis, j’ai compris et je l’enlace tendrement…

 

III.

 

-        Bon sang de bonsoir que je me dis en jetant le cartable sur la table ! Même pas foutu de dégommer son abruti de mari.

J’ai les boules et grave à ce moment là. Il faut que je me calme. Heureusement j’ai des calmants parce que je viens de sortir d’une dépression assez sévère. J’en prends une bonne rasade avec un verre de bière que j’ai commencé à re boire depuis que je connais Nadèje. Les deux ne font pas bon ménage m’avait véhémenté le psy. Mais moi je m’en fiche je suis trop malheureux…

La fin de soirée j’ai même pas le courage de faire les corrections et préparations ; je m’ouvre une autre bière, une de plus la dixième au moins. Je suis furax, j’aime beaucoup Nadèje mais elle ne veut pas quitter son mari chef d’entreprise. Voilà la vrai raison que je pense, elle est vénale, je suis là que pour la baise et le reste… Elle joue avec mes sentiments et moi je prends ma guitare et répète sans arrêt le morceau que je lui ai composé : « Nadèje ou variation en sib mineur… »Une petite suite jazzie assez mélancolique.

Je suis trop nase pour faire autre chose ce soir ; tant pis demain j’improviserai…

 

IV

 

La récré a sonnée et je me sens tremblant, je sais de quoi, alors je me précipite au fond de la salle quand les gamins sont sortis et prends dans l’armoire à dicos une bouteille de rhum que j’ouvre avec avidité. J’en prends une bonne rasade que j’accompagne d’une bonne poignée de cachetons. Deux minutes suffisent, me voilà à nouveau bien. Dire que j’y croyais à ce boulot … J’avais repris des études tardivement, vingt cinq ans, j’en avais bavé pour faire un DEA un master de nos jours, pour me faire embaucher comme maître auxiliaire dans l’Education Nationale…

Oh c’était pas facile au début, mal payé, changement constant d’établissement et des collègues qui n’ont même pas vos diplômes qui vous prennent pour de la fiente… Idem pour certains chefs d’établissement… L’esprit de corps !...Tu parles ! Chacun pour sa pomme. Quelle bande de gamins parfois. Bon sont loin d’être tous pareil mais je m’attendais pas du tout à ça quand j’ai commencé… Et puis les mentalités…Omnipotents et omniscients voilà deux maîtres mots… Plus j’étais dans le système, plus ça me barbait… J’avais qu’à faire autre chose…. Ben le problème c’est que c’est la même chose et je pensais pouvoir être un peu différent ; la volonté et la hargne de la jeunesse.

C’est dans cet esprit que je passais le concours interne de titulariser. Je n’y croyais guère ; mais tout arrive et puis me voilà professeur certifié au service de la nation pour instruire une belle jeunesse qui n’en a rien affaire. Bon les jeunes ! Je m’y connaissais un peu et je faisais en sorte pour qu’eux aussi tout se passe au mieux… Cela ne fut pas suffisant… Trop de pression psychologique interne… J’ai fini par craquer une première fois… Dépression, trois mois d’absence… Le retour et puis lever le pieds, m’en fiche de la pesanteur administrative et construire un enseignement solide… Mais rien affaire, rien n’y suffisait… L’inspecteur me reprocha même d’être trop démago malgré une aisance parfaite avec les élèves.

-        Ménagez-vous ! M’avait-il dit…

Les Inspecteurs ! Bêtes noires des profs dont certains ont une trouille blanche comme du grand méchant loup : La note pédagogique, l’avancement, l’échelon… Rendez-vous compte que certains ou plus certaines pleuraient comme des gosses parce que leur inspection c’était mal passée. Que les gamins avaient été infects… Bon je ne m’appesantirai pas là-dessus car ça n’en vaut pas la peine et moi dans le tout je finis par déprimer sec. J’aurais eu mieux fait de terminer un doctorat et  de la recherche ou de la création…Mais il fallait bien manger comme on dit. Et puis comme beaucoup le dise : la planque ! Faut l’avoir fait pourtant pour juger…

Toujours est-il que moi j’ai tenu quelques années et grâce aux médocs et de psy en psy  j’ai rencontré Nadèje…

 

V.

 

Elle avait quarante quatre ans et moi trente. Elle, mariée et deux enfants, croyait à son boulot comme beaucoup de nos collègues, mais me menait par le bout du nez pour ne pas entrer dans le détail. Je continuais à boire pour oublier que jamais elle ne serait à moi. Elle me l’avait déjà signifié tout au début… Sa situation elle ne voulait pas la lâcher. J’étais un passe temps pour elle, un jouet. Alors j’ai bu et avec des médocs c’est pas le top. J’ai de nouveau craqué, Nadèje était là je m’en contentais mais tout le reste était rébarbatif voire écoeurant.

 

VI

 

La récré se termine encore une heure de cours et puis pour la fin de matinée je la verrai… Salle des profs, l’heure était sympa, j’étais guilleret quand j’aperçus Nadèje à une table en train d’écrire, de corriger consciencieusement des copies. Je me glissais derrière elle et lui glissais un doux baiser dans le cou. Elle sursauta, mit la main sur son cœur et me fusilla du regard :

-        Tu aurais pu me tuer…

Je me mis à rire comme un gamin mais je vis tout de suite qu’elle, elle ne rigolait pas…

-        Assieds toi ! Qu’elle m’ordonna.

Je le fis sans demander pourquoi, sachant s’avance que c’était très important vu le ton ex cathedra qu’elle employait.

-        Tu sais reprit-elle, notre relation fut une belle aventure…

-        Pourquoi fut ? Lui demandai-je connaissant la réponse.

J’étais effondré et sentis les larmes qui me montaient aux yeux mais les retins

-        Pourquoi tu ne veux plus de moi ? Je lui demandais la voix chevrotante…

-        Je ne t’ai pas dit reprit-elle, que je ne voulais plus de toi mais que nous ne pouvions plus…

-        Laisse tomber ! Je lui dis, j’ai compris vas

-        Je ne le veux pas mais…

-        Je t’ai dit que j’avais compris … Et tu pourras continuer à vivre sans moi ? Que je demandais gauchement.

-        Non… Mais… Vois-tu, puis soudain elle rajouta, me crucifiant net, l’année prochaine je ne serai plus dans l’établissement J’ai demandé et obtenu ma mute…

Le couperet était tombé. Elle se défaisait de moi, elle me jetait maintenant qu’il y avait danger. C’est vrai que des bruits de couloirs circulaient à notre propos et si moi je m’en fichais elle par contre y était sensible…

 

Epilogue

 

 

J’ai rechuté grave et pire. Je fus en congé de longue durée pendant un certain temps. J’ai essayé de travailler comme correcteur mais ce fut la cata. Ma dépression, ma psychose ne s’est pas arrangée et aujourd’hui tel que tu me vois mon gars, j’échappe tous les jours à la réalité grâce à ça ! Il me montra sa chope de bière quasi vide.

-        Mais, je risque à lui demander, vous enfin tu crois que c’est une solution ?

-        Y’a pas de solution que réplique Vierleux. J’ai un clébard débile, un traitement débile et je me comporte comme un débile : je picole et un point c’est tout. Alors ton concept axiologique tu te le gardes et on trinque…

Il leva son bock, j’en fit autant et il se mit à entonner : »Nadèje ou variation en sib mineur. »

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Dimanche 17 décembre 2006

Gémissements

 

Que me reste-t-il d’espoir

Si ce n’est la folie

Du rêve au désespoir

Sans passer par la vie

 

Je suis de double nœud

Souligné d’un trait noir

 

Chevauchée de barbares

S’enfonçant dans la garde

Poussée plus rapprochée

En charges déchaînées

 

La garde plie sans rompre

Fantaisie pour polka

 

Le champ à rats se vide

On ramasse les mourants

On jette des cadavres

Dans des fosses peu profondes

D’où s’élève pestilente

L’empyreume des souvenances

 

C’est le déclin du jour

Le sommeil ne me gagne

Les traces fusionnées

Débordent de souffrances

 

Demain ils reprendront

Leur acharnée mêlée

Et moi double contenance

Je les verrai d’affront

Gémissant dans ma chair

Leurs échos de mon âme.

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Samedi 16 décembre 2006

Cheminement

 

Je me ferai silence

Pour contempler tes mots

Je me ferai de bruit

Pour écouter ta vie

Gri gri patte de souris

Eternel rituel

Pour dessiner la poésie

 

Les cœurs se clivent

De l’étrange assassine

Qui célèbre négritude

L’office de mes amours

 

Le déclin s’extrémise

Nécessairement conclusif

Je vis en matelot

A soutenir l’effort

Pitoyable de frissons

 

La veine s’épuiserait-elle

De mon acharnement

A dérouler ta passion

En te sacralisant

Gri gri patte de souris

Parviendrai-je divagant

Aux Cyclades Paraclet

 

Pour éclater la bogue

De mon attachement

Gri gri patte de souris

Le tarpan chevauché

Zéphire de destinée

T’emporteras sagesse

Aux rives des paracels

 

Fornarina dut-elle

En prendre l’apparence

Pour offrir à mes ombres

Le lisage rutilant

De mes accouchements

 

Le belduc m’étouffe

Trop serré à mon coup

Il pend à son extrême

Le médaillon de souffle

Que tu m’as insufflé

 

De mon autolâtrie

J’ai bougié les feuillets

Gri gri patte de souris

Considéré inaltérable

Quelle pénétrante forfanterie

 

Te laisser en veuvage

Au deuil de ta passion

En inscrivant aux âges

Ton gemmifère passage

Mon éternelle durie

 

Violiers embaumés

Profèrent prolifiques

En champs incoahitifs

Reprends pèlerin

Ton bâton d’enfantement

 

Ne te retourne pas

Aux détritiques lignes

Et poursuis même amer

Ton balancement mobile

Miscellanées habiles

Les garants édeniens

De ton cheminement

Pourquoi n’est-il le mien.

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Vendredi 15 décembre 2006

L’absence

 

L’absence est sépulcrale

De carnage pathos

Se vident des substances

De prosélytes passions

 

L’absence inconsolable

Se veut émérite

Porteuse du flambeau

Du sacrifice offert

 

L’absence n’est que de vent

Balayant en bourrasques

Des illusions immondes

Apatride de cœurs

 

L’absence est une brûlure

D’un cautère tyran

Laissant aller au rêve

L’indolent baladin

 

L’absence purpurifère

Ophicléide giron

Est le ponts de Moïse

A l’insondable fond

 

L’absence est Eurydice

Privée de son Orphée

Suppliant Proserpine

De s’en laisser aller

 

L’absence est génitrice

De fantasques essaims

Lourdement dans la barque

De divagants poètes

 

L’absence ne se tarit

De sa symbolisation

Perpétuel soucis

D’immortalisation.

 

 

 

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Mercredi 13 décembre 2006

Si nous vivions ensemble

 

Acte I

 

Si nous vivions ensemble

Je t’admirerais gracile

Allongée sur le lit

Chaud encore des étreintes

 

Si nous vivions ensemble

Je boirais dans tes yeux

Tes paroles irisées

Qui empliraient mon cœur

D’une rare ferveur

 

Si nous vivions ensemble

Debout tout près de toi

Je caresserais charmé

Ta nuque découverte

Plongée dans tes copies

En maugréant parfois

Assise tu ferais face

Au secrétaire d’orme

 

Si nous vivions ensemble

Je poserais tendrement

Mes lèvres sur ton front

Et boirais furieusement

Les saveurs de ta peau

Je foulerais pèlerin

Les traces de tes pas

Embrassant vénérant

Les empreintes de leurs traces

 

Si nous vivions ensemble

Je goûterais avide

Les parties plus intimes

De ton corps alangui

Te donnant du plaisir

Et recevant le tien

 

Si nous vivions ensemble

Je serais ton amant

Ton duel permanent

Entre cœur et raison

 

Si nous vivions ensemble

J’épongerais parfois

Les larmes qui couleraient

Diaphanes et fugaces

Un chagrin une tristesse

Un dépit une tendresse

Je te prendrais la taille

Te lèverais de terre

Te porterais vaillant

Pour monter au parnasse

 

Acte II

 

Si nous vivions ensemble

Assis en face de toi

Le regard ébloui

Je te verrais gracieuse

Manger tes coquillettes

Je trouverais charmantes

Tes façons très savantes

De t’essuyer les lèvres

De te lécher les doigts

Tout en mastiquant fort

Les précieux aliments

 

Si nous vivions ensemble

Je m’enfoncerais mollement

Dans un fauteuil de cuir

Et toi à mes côtés

Nous verrions amoureux

Des émissions télé

 

Si nous vivions ensemble

Je cirerais tes chaussures

Tu ferais la lessive

Je repasserai ton linge

Tu ferais le ménage

 

Si nous vivions ensemble

Chaque jour serait gai

Aux travaux quotidiens

Simplement par amour

 

Acte III

 

Si nous vivions ensemble

Je laisserais traîner

Mes chaussettes trouées

Et toi délicatement

Tu me dirais mon cœur

Mets les dans le panier

 

Si nous vivions ensemble

Je serais quelque fois

Irrité de te voir

Passer autant de temps

Pendue au téléphone

Je ne le dirais pas

Tout juste en agacement

 

Si nous vivions ensemble

Chaque année à la plage

Nous emmènerions nager

Nos enfants adorés

 

Si nous vivions ensemble

Je jouerais au tarot

Avec quelques amis

Tandis que toi heureuse

Tu parlerais chiffon

Entre épouses émérites

En nous servant aimable

Quelques rafraîchissements

 

Si nous vivions ensemble

Ainsi passerait le temps

Les heures les jours les ans

Quel bonheur que de joies

 

Acte IV

 

Si nous vivions ensemble

Depuis déjà longtemps

Tu crierais tout le temps

Que je suis dégoûtant

Tu me dirais sèchement

Si j’avais su avant

Je me serais enfuie

 

Si nous vivons ensemble

Depuis déjà longtemps

Je pisserais au salon

Et accuserais les chats

Que tu étriperais

Si nous vivions ensemble

Depuis déjà longtemps

Tu parlerais de moi

A tes amies chéries

En te moquant bien haut

De mes grandes performances

 

Si nous vivions ensemble

Depuis déjà longtemps

Je serais si grincheux

Je râlerais tout le temps

Que tout en continuant

A regarder l’écran

Tu me diras oui oui

Tout en bâillant bien fort

 

Si nous vivions ensemble

Après autant de temps

Tu me dirais vieux con

Et moi vieille salope

La vie serait bien belle

A force de s’aigrir

 

Acte V

 

Si nous vivions ensemble

Nous aurions bien vécu

Tous mes rêves éveillés

Je te les donnerais

Je t’écrirais tout le temps

Et même après ma mort

La vie battrait chamade

Et tu ne saurais dire

Chaque jour différent

Ce qui t’étonnerait

Nous saurions nous trouver

Si nous vivions ensemble

Dans une chambre verte

Eden parfumé

 

Si nous vivions ensemble

Nous serions à nous même

Qui nous étions avant

Sans devoir en varier

 

Si nous vivions ensemble

Je ne serais pas moi

Mais tout entier pour toi.

 

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Lundi 11 décembre 2006

Malverti

 

A l’ombrage des pinèdes

Quand une voix s’élève

Aussitôt j’y vois la vie

Mais menaçante elle me fuit

 

Aux sons des rires et des chants

Y trouver le rassurant

Et pourtant éteint ou impuissant

Je n’y consens de contentement

 

Est-on blessé ou malverti

Taché de sombre ou bien de noir

Toute fleur fut-elle pâle

Devrait délier le cœur

De sa lente douleur

 

Et pourtant éteint ou impuissant

Asservi à mon incertitude

Je n’y consens de contentement

Pas même celui d’être vivant

 

Tout me dispose et m’indispose

Que ne suis-je cet impassible

N’éprouvant ni peine ni cœur

A m’enfermer ainsi me clore

Je m’édifie un beau cercueil

 

Qu’y puis-je si la Traîneuse

N’a pas ou même à deux reprises

M’emporter dans son sillage

Je n’attends pas qu’elle revienne

Je fuis plus loin que son ombrage

 

Combien de temps me faudra-t-il

A compter sans cligner le martèlement

D’une pendule âpre et sonore

Qui dans l’écho oppresse l’âme

A moi que me dit-il

 

Voilà longtemps que je t’attends

Sans pouvoir même te provoquer

A cet effet je me défends

Et j’accepte impuissant

L’angoisse à défaut de mon ennui.

 

 

 

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Dimanche 10 décembre 2006

Venise

 

Des doges aux doutes

A Venise me suis éreinté

Courant ça et là entre deux

Carreaux détériorés

Te rencontrer encore

Sur une gondole

Te chanter des étreintes

Aux carmines délaissées

 

Voilà encore une nuit

Au balcon de Juliette

A attendre ta venue

Dérouler cette échelle

De lin de soie mêlés

Pour gravir les degrés

En vers toi retournés

 

Des yeux mésomorphes

Se coulent entre deux larmes

Creusant des sillons frasques

De scènes écoulées

Alors tu me diras

Ma glorieuse beauté

Venise est morte à l’an

Des couloirs jaunes bistrés.

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Samedi 9 décembre 2006

Nuitées

 

Où vont tous ces jours

Qui ne sauraient s’arrêter

A ma mémoire blafarde

Où l’heur abandonné

Me recule devant l’art

De les retrouver généreuse

Ils m’emportent et s’étalent

En des contrées sauvages

Que nul ne sait ignorer

 

Constellations ruisseaux

Eaux vives et subulées

Ne donnent à mon cœur

Que l’effroi du passé

Il n’y a de bonheur

Que dans les vents obscurs

Que je passe et repasse

De feuilles doucement envolées

Un jour elles ne seront plus là

Ces luttes albes et marbrées

 

Je n’ai de rencontre

Que seuls vers adonnés

A l’espoir d’autres nuitées

Où te caressant l’échine

Mes mains endolories

Ne sauront que t’aimer.

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Lundi 27 novembre 2006

Inconscience

 

Je ne trouve dans les mots

Que quelques soulagements

Qui ne comblent que si peu

L’entendement de mes affres

 

Dichotomie d’amour

A savoir ce qu’il est

Si les vers ne se sauvent

Ils me conservent de fuite

 

 

Tout se mélange en vain

De l’angoisse d’anxiété

Images du passé

Ru présent au futur

Angoisse mes inchoix

Mes doubles attirances

Quand la peur à mon cou

Se pend et tend sa corde

 

Je voudrais tant lui dire

Je voudrais tout me dire

De l’inconscient extraire

Les moindres de ces maux

Son langage est d’ailleurs

De signes de caractères

Qui dépassent l’entendement

De notre simple misère

 

Et pourtant je le sais

Il faudrait peu de cas

Pour traduire ma misère

Des affres de mon émoi

Des douleurs qui portent

Sur de faibles assises

Leur trouver un seul terme

Et tout serait sauvé é

L’inconscient me réveille

En d’horribles tremblements

Mais se franchi le seuil

De ma bouche entrouverte

 

Si tel était le cas

Pourriez-vous le comprendre

Et surtout l’accepter

Le choix impose silence

Au monde refermé

Pour celui qui ne peut

En tendre son appétence

De sonder l’instrument

Chavire sans état

Au monde du conscient

 

Je décèlerai les mots

Quitte à les inventer

Et si mal compris

Tant pour moi

Que pour d’autres

Mais ils seront sincères.

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